Attila

Cette fois la menace vient du Nord et de l’Est : Vandales, Alamans, Suèves et Alains s’abattent sur la région, pillant tout sur leur passage et incendiant les villages. En 451, Attila ravage tout puis sera finalement battu aux Champs Catalauniques près de Troyes.

Jumigny, soumis au diocèse de Laon, appartient au royaume d’Austrasie ; Soissons appartient à la Neustrie. Les rois se disputent alors les terres, les villages, les gens, les bêtes… Jumigny est tout près de la frontière et a dû subir des attaques incessantes comme d’autres villages environnants.

Charlemagne

Puis, les Francs s’imposent. Clovis soutenu par Saint Rémi s’empare de Soissons (bataille de Syagrius) en 486. Dix ans plus tard, le siège de Laon se sépare du siège de Reims. C’est autour de l’Austrasie, royaume mérovingin, que se fait l’unité des Francs. Charlemagne sera couronné roi d’Austrasie à Noyon avant d’être couronné empereur en 800.

Charles le Chauve

Presque un siècle se passe et voici les Normands et un nouveau cortège de malheurs. Le Monastère de Morienval est incendié en 895. C’est Charles le Chauve qui défendra le territoire et promulguera le Capitulaire (acte législatif) qui va permettre le développement de l’église, des abbayes et des seigneurs…

Au 11ème siècle l’influence du clergé est grandissante et de nombreuses abbayes sont construites. Les communautés religieuses prospèrent.

Les côteaux

Parallèlement les vignobles se développent. Le vignoble de Jumigny est ancien… souvenons nous des Romains qui sont passés par là ! Les côteaux sont très bien exposés, la terre convient mais le climat envoie de grosses gelées à chaque printemps. Il faut planter des variétés bien plus résistantes. Les habitants du village récoltent un vin rouge fin et généreux, de bonne garde à condition d’avoir de bonnes caves. Et les caves sont bonnes à Jumigny, où tout un réseau de souterrains les relient aux abbayes environnantes.

Plusieurs vendangoirs sont construits à cette époque. Les vins rouges et fins vont à l’Hôtel Dieu et aux Seigneurs, les blancs réputés sont commercialisés et les rouges sont utilisés pour leurs vertus médicinales et administrés notamment aux femmes en couches, aux lépreux…

Saint Norbert

Prémontré

Au 12ème siècle, Norbert et ses moines reçoivent de l’évêque de Laon, un territoire dans la forêt de Saint Gobain où ils vont construire l’abbaye de Prémontré. En 1116 c’est l’abbaye de Cuissy qui voit le jour, elle exploitera notamment les trois moulins à eau de Jumigny. La communauté se maintiendra jusqu’à la Révolution. A noter que l’autel de l’église de Jumigny provient de cette abbaye.

Vauclerc

A Vauclerc en 1134 c’est une abbaye cistercienne qui s’élève. On dit qu’elle serait aussi reliée à Jumigny par des souterrains.

Pendant ce temps à Laon s’exerce un double pouvoir : royal et épiscopal. Le roi et l’évêque se sont attaché un certain nombre d’hommes qui, riches de nouveaux domaines, rassemblent leurs propres partisans. La séparation des pouvoirs décidée par l’évêque Enguerrand de Coucy, partisan de l’aristocratie locale, renforce le climat de tension qui s’est installé en ville. À la suite de l’assasinat de Gérard de Quierzy, châtelain royal dans la cathédrale en 1111, les seigneurs proches de l’évêque décident d’instituer une commune. L’évêque et le roi l’acceptent à contrecœur, car ils sont partagés entre la perte de pouvoir que cela implique et les compensations financières qui en résultent

L’évêque, dilapidant les revenus procurés par cette institution, provoque l’exaspération des bourgeois qui forment une nouvelle conjuration. Le 25 avril 1112, l’insurrection éclate. Tous les hommes de Jumigny vont s’armer de pics et de pioches et vont rejoindre les autres vaillants villageois de la Commune près du Moulin de Comporté. Face à eux, des chevaliers, professionnels de la guerre bien entrainés et équipés. Le 11 mars 1177 le carnage est total, le massacre ne laissera aucun survivant. Deux fois de suite les paysans vont devoir quitter leur village pour trouver refuge sur les terres du seigneur de Coucy puis sur celles du comte de Soissons. En 1258 les villageois sont définitivement vaincus et la Commune disparaitra en 1331.

En 1346 c’est la bataille de Crécy; la Picardie est un des gros enjeux de la Guerre de 100 ans. Les Bourguignons s’emparent du Laonnois et n’en seront chassés qu’en 1414.

Charles VII

Jeanne d'Arc

Le 22 juillet 1429 un roi qui venait d’être couronné à Reims chemine vers le prieuré de Corbeny : Charles VII. Comme le veut la tradition, il doit aller vénérer les reliques de Saint Marcoul. Ensuite il s’engage sur la Route de Soissons. Mais, par sécurité, les Dames de sa cour empruntent la route des Crètes… et c’est ainsi que le Chemin des Dames fût baptisé ! Dans le convoi se trouve Jeanne d’Arc qui vient de lever le siège des Anglais à Orléans et qui a permis à Charles VII d’accéder au trône.

La région échoit ensuite aux Anglais qui seront « boutés » hors de France en 1482. Dans ce siècle de misère l’abbaye de Foigny est détruite, Longpont endommagée, Origny Saint Benoite incendiée, Saint Nicolas aux Bois, Valsery, Coeuvres et Saint Paul aux Bois pillées.


Source : Service Archéologique de la ville de Laon