La rivière Aisne coule paresseusement à quelques kilomètres de notre village. Ses rives ont été fréquentées par les Hommes depuis les tous débuts de l’humanité ainsi que l’attestent les pierres taillées ramassées dans les champs par M. Pamart.

pierre-taillee

Il n’y a pas de gisements importants, seulement quelques outils et pointes de flèches certainement perdues au cours d’une chasse.

D’autres part la population est faible car le front glaciaire est encore bien proche et des périodes de froid intense vont se succéder jusqu’à environ 20 000 ans av. JC.

Mais petit à petit la situation va changer car voici qu’un nouveau peuple arrive dans la région. Il vient de l’Europe Centrale – des bords du Danube – et suit les fleuves et les rivières, s’implantant et se sédentarisant. Ce sont nos premiers cultivateurs et aussi nos premiers éleveurs.

Deux sites de fouilles proches de Jumigny peuvent nous donner une idée de ce qu’était leur vie :

plan-maison

  • Le site de Cuiry-lès-Chaudardes au bord de la rivière, à quelques kilomètres de Jumigny, comporte les fondations de longues maisons encadrées de fossés. La terre de ces fossés, placée entre des branchages, a servi à construire les murs. Le toit était soutenu par des piliers de bois dont on a retrouvé la base fossilisée. Les fossés avaient également plusieurs fonctions : protection contre les animaux sauvages, centres de rejets de déchets ménagers, bassins de protection contre les inondations…
  • Le site de Maizy a mis à jour des fossés datant de 4 000 ans av JC dans lesquels on a retrouvé des débris de poteries et même des débris humains…

A Beaurieux, on a découvert un enclos protohistorique ainsi qu’une grande hache de pierre polie.

pierre-polie

Ces découvertes montrent que ce peuple cultivait des céréales telles que le blé, l’orge, des légumes (pois et lentilles)… Ils élevaient également du bétail : boeufs, porcs, moutons et chèvres. Ce peuple est aussi chasseur et le gibier ne manque pas dans la région : sangliers, cerfs et chevreuils, aurochs… les jours de chance !

Mais la rivière n’apporte pas que des bienfaits. Parfois elle déborde, noyant bêtes et gens. Alors les familles gravissent les crêtes et colonisent les plateaux. Les petits creux de vallées pas trop éloignés de la rivières sont bien attirants. Ces petits endroits protégés des tempêtes de l’ouest permettent de se blottir au soleil sans craindre les brouillards porteurs de maladies.

C’est peut-être à ce moment que le hameau de Jumigny est apparu.


Sources :
– CNRS « 25 ans de sauvetage dans la vallée de l’Aisne »
– Revue Arcgéologique de Picardie, 2500, n°spécial 22